PASPEVO

PASPEVO

Togo, Ville de Vogan

Projet d’Amélioration des Services Publics Essentiels de la ville de Vogan au Togo

 

Commune de Vogan, Région Maritime, Togo. Bénéficiaires : 18 000 habitants

Durée : 1 an, 2018-2019. Budget : 96 741 €

Partenaires techniques et financiers  : Commune de Vogan, Société Togolaise des Eaux (TdE), Union des Communes du Togo (UCT), Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (SEDIF), Agence métropolitaine de gestion des déchets (SYCTOM), Aquassistance.

Maître d’Ouvrage du projet : Commune de Vogan. Maître d’ouvrage des infrastructures patrimoniales eau : SP-Eau. Exploitant du réseau d’eau potable : TdE. Représentants des usagers : Comités de Développement de Quartier (CDQ).

Opérateurs : SEVES – ARWP (Togo)


Etat des lieux 

La ville de Vogan comprend environ 17 340 habitants. Chef-lieu de la Commune et de la Préfecture de Vo, elle est distante de 55 km de Lomé, la capitale du Togo, et se situe dans la Région Maritime. L’économie de la ville repose essentiellement sur l’agriculture, l’artisanat et le commerce en particulier autour de son marché (Gbeke) très fréquenté dans la sous-région (Ghana, Bénin). Dans son Plan de Développement Communal (PDC), la commune de Vogan se projette en 2038 comme une « commune dynamique, un cadre démocratique de référence avec des équipements nécessaires, un rayonnement culturel et touristique où les potentialités valorisées assurent aux populations un niveau de vie décent et une qualité de vie digne des sociétés modernes ». Ce document fait état de plusieurs problèmes liés à l’eau et à l’assainissement parmi lesquels les maladies hydriques, le faible nombre d’abonnés au réseau d’eau public, la multiplication des décharges sauvages, les eaux usées déversées sur l’espace public de manière anarchique, etc. La commune, et les Comités de Développement de Quartier (CDQ) ont placé l’eau et l’assainissement en priorité des plans d’actions.

Concernant l’eau potable

Le taux d’accès à l’eau potable est estimé à 54%, 20% (3 550 personnes) de la population par branchement privé, et 34% (5 950 personnes) de la population au niveau des bornes fontaines.

Le réseau, exploité par la TdE (2 forages, 1 château d’eau de 750 m3, 47 km de réseau) dessert une dizaine de secteurs de la ville et certains villages, par l’intermédiaire de 34 bornes fontaines et 355 branchements privés actifs. Les principales difficultés concernent la trop faible capacité de production d’eau potable, une couverture de la ville par le réseau à renforcer, des réseaux en mauvais état dans certains quartiers, un tarif non réglementaire au niveau des bornes fontaines. Les besoins prioritaires de l’AEP de Vogan sont la formalisation d’une stratégie d’amélioration du service public de l’eau à travers la réalisation d’un schéma directeur eau potable, définissant les investissements prioritaires (production, réhabilitation, extension), les modalités de développement de l’accès à l’eau potable (branchements et bornes fontaines) et d’amélioration des performances de gestion de la TdE.

                    

Concernant l’assainissement

On observe un taux d’équipement en latrines raisonnable mais un taux de défécation à l’air libre estimé à 50% dû au remplissage des fosses et à l’absence de service de vidange, aux latrines traditionnelles de mauvaise qualité, etc. Le déversement des eaux usées sur la voie publique est une pratique généralisée à Vogan.

La commune a besoin d’un cadre de référence et d’une stratégie de développement de son service d’assainissement liquide à travers l’élaboration d’un schéma directeur assainissement pour la ville. Les investissements prioritaires sont la réalisation de latrines en milieu scolaire ; le développement d’une offre adaptée d’équipement et de services d’assainissement liquide (latrines améliorées, filière de vidange, de stockage et/ou de traitement et/ou de revalorisation des boues de vidange) est à favoriser.

 

Concernant la gestion des déchets

L’absence de système d’enlèvement et de traitement des ordures ménagères entraîne une prolifération des dépotoirs sauvages. Les déchets sont soit emportés par les eaux lors des pluies, avec comme impact le bouchage des caniveaux et des habitations qui s’effondrent du fait de l’érosion des sols et des de l’habitat lors des pluies diluviennes, soit brûlés, soit laissés dans des bas fonds.

Concernant les déchets solides, l’ensemble de la filière est à créer (pré-collecte, collecte, évacuation et traitement). La commune ne dispose à ce jour d’aucun outil de planification concernant la gestion ses déchets solides de son territoire. Le schéma directeur a vocation à définir un service public de gestion des déchets en s’appuyant sur les compétences et les équipements locaux, une participation des usagers, des autorités publiques et des acteurs privés afin d’identifier le meilleur compromis technique et financier permettant de viabiliser le service dans le temps.

                     


Le projet PASPEVO

L’objectif global du projet est de garantir l’accès à des services essentiels d’eau potable, d’assainissement et de gestion des déchets, durables, pérennes et accessibles au plus grand nombre. Cette première année a pour objectif de définir une stratégie communale et des objectifs de développement des services essentiels (eau potable, assainissement, déchets), planifiés et chiffrés.

Il s’agira dans un premier temps de renforcer la connaissance du territoire et de ses spécificités, de concerter l’ensemble des acteurs (commune, privés, usagers, société civile …) afin de définir ensemble des services maîtrisés localement, pérennes et répondant aux besoins exprimés par la population. Dans un second temps, des études techniques seront menées et aboutiront à 3 schémas directeurs en eau potable, en assainissement et en gestion des déchets. Ils présenteront chacun un plan d’action détaillé, chiffré et territorialement priorisé des investissements et des mesures d’accompagnement nécessaires pour la mise en œuvre de services publics répondant aux objectifs fixés par la commune et adaptés à la capacité des usagers à payer. Le coût des services pour chacun des acteurs (commune, privés, bailleurs, usagers) sera évalué.